vendredi 24 janvier 2014

L'éducation de William - Programme accéléré de 8 semaines!

Ce billet sera probablement un peu ennuyeux. Je l'écris surtout pour me souvenir de ce que j'ai travaillé avec William. C'est un peu le mode d'emploi du ti-poute! Je l'ai d'ailleurs transmis au monsieur qui adopte William. Il était très content d'avoir toute cette information. Il est très ouvert d'esprit et aime les méthodes douces alors ça lui a plu.

*** Je mets un avertissement ici, car je sais que ce genre de billet m'attire souvent des commentaires haineux. Je crois énormément au renforcement positif et aux récompenses. Oui, je paye le chien à profusion. J'évite tout ce que je considère négatif et violent. Je sais qu'il existe d'autres méthodes, mais moi je préfère suivre mes valeurs et éviter TOUTE forme de violence. Je suis consciente que je n'ai encore qu'une mince expérience avec les chiens. J'ai utilisé mes connaissances actuelles et j'ai obtenu de précieux conseils d'amies plus expérimentées que moi (je remercierai bientôt les nombreuses personnes qui m'ont aidée d'une façon ou d'une autre avec William dans un prochain billet).

À son arrivée chez nous, William avait les problèmes suivants :
1-  Protection de la nourriture et des jouets (il ne me laissait pas approcher quand il mangeait ou avait un jouet et il grognait).
2-  Mordillage incessant de mes mains, de mes vêtements, de la face de mon chien Oslo, des couvertures, des cousins, des meubles et de tout ce qu’il pouvait trouver.
3-  Sauts sur les gens de manière très exubérante
4-  Hyperactivité/incapacité de se calmer : il pouvait passer des heures à aller et venir dans la maison sans jamais se coucher
5-  Jappements à tous les bruits
6-  Jappements et grognements de peur devant à peu près tout : chiens, gens, enfants, bornes fontaines, décorations de Noël, etc.
7-  Intolérance à être touché : ça le rendait très nerveux. Il se défendait en mordillant et en gigotant énormément, ou en faisant des signaux d’apaisement comme se coucher sur le côté, bailler, se lécher les babines, se raidir
8-  Connaissance d’aucune des commandements de base. Il ne savait rien.
9-  N’était pas propre dans la maison
10- Mordillage de la laisse et traction en laisse
11- Fracture du deuxième doigt de la patte arrière droite qui a exigé un repos de sept semaines


Les solutions qui ont fonctionné avec William ont été les suivantes :

1-  Protection de la nourriture et de jouets :
  •        Apporter quelque chose de merveilleusement bon dans son bol pendant qu’il mange. Il a vite compris que je n’étais pas une menace. Il me laisse maintenant approcher de son bol sans problème. Je peux mettre ma main dans son bol et même prendre son bol pendant qu’il mange. Mais je continue de déposer quelque chose qu’il aime beaucoup dedans pour renforcer le bon comportement.
  •       Pour les jouets, le travail avec corde à tirer (tug) a beaucoup aidé. Je lui ai appris à attendre en position assise que je dise « ok » avant qu’il puisse prendre le jouet. Ensuite, je joue quelques minutes avec lui en tirant sur la corde. J’ai aussi pratiqué le « donne ». Au début, je lançais des croquettes par terre en même temps que je disais « donne » pour qu’il comprenne. Maintenant, il donne volontiers. Il est aussi maintenant capable de ramener un jouet (balle ou autre) que je lui lance et de me la donner spontanément (car il a très hâte que je lui relance le jouet – ce chien sera un excellent rapporteur!)

2-  Mordillage
  • Il y aura encore beaucoup de travail à faire sur ce plan. On n’a pas pu travailler cela autant que je voulais parce que William a dû porter une muselière très souvent pour ne pas qu’il déchire son bandage. Mais il y a eu quand même beaucoup d’amélioration.
  • Quand il mordille les couvertures ou le divan, je lui tends un jouet et je joue un peu avec lui pour qu’il ait envie de jouer avec le jouet. Il aime aussi beaucoup gruger. Quand je lui donne un bois de cerf à gruger, il peut passer une bonne heure là-dessus et ça le calme énormément.
  • Pour le mordillage des vêtements, ça arrive surtout quand on va marcher. Heureusement, maintenant il a un excellent « assis ». J’ai juste à lui dire « assis » et « touche pas », et il se calme. Il comprend bien ces commandes-là.
  • Commande « touche pas » : je lui demande de s’asseoir, je lui dis « touche pas » et je fais aller quelque chose devant ses yeux (mon foulard, la laisse, etc.) et il est super bon. Je le récompense encore beaucoup pour ça, car il trouve ça parfois encore difficile.

3-  Sauts sur le gens
  • Ce problème a diminué énormément. Pour régler ça, je l’ai fait pratiquer à se calmer sur demande. Je joue de manière très excitée avec lui, puis je cesse brusquement en lui demandant un « assis ». Il s’exécute aussitôt. Je récompense encore beaucoup ça aussi.

4-  Hyperactivité/incapacité de se calmer
  • Très grande amélioration, surtout depuis qu’il a le droit de prendre des marches et de courir!
  • Quand il était au repos, ce qui le calmait le plus, c’était les exercices d’obéissance. Je prends une poignée de gâteries que je mets dans mes poches (cachées). Je lui demande des « assis », « coucher », « debout », « reste », « viens », « salut », « aux pieds », « tourne », « recule », etc. C’est un chien qui a clairement besoin d’être stimulé mentalement et ce genre d’exercice l’aide beaucoup à se calmer. Je lui montrais aussi des nouvelles choses régulièrement. En ce moment, nous travaillons sur « fait le beau ».
  • Jouer à chercher un jouet caché ou des croquettes cachées un peu partout sur un étage. Je lui demande un « assis-reste » (il est super bon pour rester, même si je suis en train de cacher des croquettes partout devant lui), et quand je dis « ok », il a le droit de commencer à chercher. Ce jeu fait travailler beaucoup son flair et il adore ça! J’ai joué aussi à cacher des jouets ou des croquettes dans la neige dans la cour.
  • Quand il est incapable de se calmer, je lui disais simplement « cage » et il entre dans sa cage. En général, il s’endort vite dans sa cage. Jusqu’à récemment, je lui mettais aussi toujours sa muselière (avec du beurre d’arachide dedans), et il s’endormait en tétant le beurre d'arachide comme un bébé avec sa suce. Il a tendance à s’endormir vite aussi avec son cône, car il ne peut rien mordiller. Il n’a donc pas le choix de dormir…
  • Le jeu du « touche pas » a eu des effets fantastiques. Je prends une croquette dans mes mains et la met devant son nez et je dis « touche pas ». Après 5 à 10 secondes, je dis « ok » et il prend la croquette. Parfois, je lance la croquette par terre, ou je la dépose sur ses pattes pendant qu’il est couché et je dis « touche pas ». Encore une fois, quand je dis « ok », il a le droit d’aller la chercher. Ce jeu le calme fabuleusement.

5-  Jappements quand il entend des bruits
  • Au début, William jappait très fort et assez longtemps quand il entendait un bruit suspect. Mais maintenant, il est plus détendu alors ça arrive moins souvent. J’ai commencé à lui apprendre les commandes « jappe » et « shhhhh », et ça semble avoir beaucoup aidé.

6-  Jappements/grognements devant des objets suspects/des inconnus
  • Je l’ai socialisé graduellement dans différents environnements. Les cours d’obéissance ont énormément aidé parce qu’il était en contact avec pleins de chiens et plein de gens différents dans ces cours-là. Je l’ai aussi amené marcher à différents endroits. Ce comportement a beaucoup diminué et n'est plus vraiment dérangeant.

7-  Intolérance à être touché
  • Énorme amélioration sur ce plan. J’y suis allée graduellement (avec beaucoup de récompenses) pour qu’il apprenne à se laisser toucher. Maintenant, il accepte de se laisser couper les griffes. Pour moi c’est très important de garder les griffes le plus court possible pour éviter les problèmes articulaires que peuvent causer les griffes trop longues. Je coupe toujours les griffes au moins une fois par semaine. Dans le cas de William, c’était presque tous les jours (juste un petit peu à la fois) pour qu’il s’habitue.
  • Le cours d’obéissance a beaucoup aidé aussi, parce que dans ce cours, les chiens apprennent à garder une position « reste » pendant que nous, un moniteur ou un autre élève vient le flatter ou lui inspecter les oreillers, les dents, etc. (simulation de visite chez le vétérinaire).

8-  Connaissance des commandes de base
  • Travail d’obéissance avec beaucoup de récompenses et augmentation graduelle du niveau de difficulté pour le garder stimulé!

9-  Propreté dans la maison
  • Au début, William avait tendance à s’échapper dans la maison, mais ça s’est réglé complètement en deux semaines. Je le sortais aux deux heures au début, mais maintenant, il est parfaitement propre.

10-  Mordillage de la laisse et traction en laisse
  • Il mordille beaucoup moins la laisse (je vous jure que c'était fou raide, OMG!), mais il tire encore pas mal. Je suis tout de même contente de l'amélioration qu'il y a eu. Ce qui fonctionne c’est de faire tranquillement toutes les étapes avant de sortir : assis-reste, se laisser mettre le collier et la laisse sans mordiller, me laisser m’habiller sans me sauter dessus ni me mordiller, attendre tranquillement que j’ouvre la porte, attendre tranquillement que je barre la porte et partir à marcher doucement. Au début, je prenais juste de très courtes marches, et je le récompensais chaque fois qu’il me regardait. On a aussi beaucoup pratiqué la marche sans tirer dans le cours d’obéissance. Il était super bon à la fin, mais c'est sûr que c'est plus facile dans un environnement contrôlé comme un cours! 
11- Fracture nécessitant un repos 
  • Ce fut de loin le problème qui m'a causé les plus grands problèmes. J'ai trouvé ça très difficile d'être privée de mon principal outil d'éducation qui consiste à fatiguer le chien! J'ai donc dû apprendre de nouvelles tactiques : beaucoup plus d'obéissance, d'exercices avec clicker, de jeux de recherche d'objets ou de croquettes, etc. Les kongs au beurre d'arachide et les divers jouets et os à gruger m'ont aussi été d'un grand secours. Je crois que tout ça m'a aidé à enseigner la « switch off » à William. Il n'en sera qu'un meilleur chien au bout du compte!


Les méthodes d’entraînement que j’ai utilisées sont basées sur les principes suivants :
  • Le chien doit toujours travailler pour avoir le droit à des récompenses ou à ses repas. Je demande toujours quelque chose, ne serait-ce qu’un « assis-reste » avant de donner une récompense ou de la nourriture.
  • Je ne fais jamais le travail à la place du chien. Je vois souvent des gens peser sur les chiens pour les faire asseoir et c’est vraiment contreproductif et très frustrant pour le chien. Quand le chien n’écoute pas sur le champ, je leurre un peu plus avec la bouffe (par exemple, bouffe près du nez avec mouvement vers le haut pour le faire asseoir) et je récompense peu ou pas. J'attends la prochaine réussite pour récompenser à profusion!
  • J’évite de dire « non » sans arrêt. Quand un chien fait quelque chose que je ne veux pas, je lui dis plutôt ce que je veux qu’il fasse (p. ex., « assis », « va sur ton tapis », « coucher » ou je lui présente un objet qu’il a le droit de mordiller).
  • En général, je fais faire énormément d’exercice tous les jours aux chiens. Malheureusement, ça n’a pas été possible avec William. Je suis certaine que l’exercice l’aidera à être un chien beaucoup plus facile et qu’il aura beaucoup moins besoin de mordiller et de sauter partout!
  • En gros, je suis à la recherche des bons comportements. Quand le chien, fais des niaiseries, j'ignore ou je redirige son attention. Mais ce que je fais surtout, c'est attendre les bons comportements pour pouvoir récompenser. Je trouve ça très efficace et très gratifiant comme méthode.

2 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  2. Loin d'être ennuyeux, ce sera la base d'un des chapitres d'un livre sur les chiens, d'une nouvelle, ou d'un roman « canin », que tu écriras sûrement un jour!

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